On sent monter un climat de fin de partie dans le digital. Entre ceux qui crient à l'apocalypse pour vendre la peur et ceux qui prêchent le dernier "hack" à la mode comme une religion, il est temps de poser un diagnostic honnête. Car la machine, celle qui promettait une croissance infinie, est bel et bien grippée.
Derrière tout ça, il y a une histoire. Mais ce n'est pas celle que l'on croit. Les coupables que l'on désigne aujourd'hui ne sont que les fossoyeurs, venus enterrer un corps déjà froid. La fin programmée des cookies tiers avait déjà condamné le vieux modèle de tracking. L'IA, elle, n'est pas le mauvais cuisinier ; elle est le four à micro-ondes qui a permis d'industrialiser la production de "junk food" informationnelle, pensée par un modèle économique déjà défaillant. Pour ceux qui pensent qu'il faut produire, pour produire. L'IA est aussi là pour nous pousser à faire bien mieux, pour réfléchir à un autre niveau. Pour ceux qui utilisent l'IA Générative tous les jours savent de quoi je parle. Après, chacun utilise cet outil comment il l'entend : pour apprendre ou pour consommer inutilement de l'électricité des centres de données.

Le résultat est une grande inversion culturelle.
On a célébré le médiocre. Les algorithmes, nourris par notre obsession de l'engagement à tout prix, ont appris à préférer ce qui fait réagir à ce qui fait réfléchir. l'UX pour les utilisateurs, aucune importance, aucun respect.
Cette inversion n'est pas une impression, elle a des conséquences économiques directes, mesurables. Pour l'e-commerçant, c'est une chute du taux de clic organique qui peut atteindre 34% (source : Ahrefs) et une explosion du coût d'acquisition de près de 60% en cinq ans (source : SimplicityDX / Forbes).
Le vrai mal est là. Dans la faillite de ce modèle publicitaire qui a érigé le trafic de masse en dogme. Pour satisfaire cet appétit, il fallait du contenu, vite, pas cher.
La qualité n'a jamais été le but ; la capture de l'attention, si.
Pour l'utilisateur, c'est un réflexe de protection : plus de 42% d'entre eux utilisent un ad-blocker (source : Hootsuite). Alors, oui, le social shopping à de l'avenir par ce que l'addiction et la peur du vide de ses utilisateurs est attisé par des promesses délirantes. Avec aucun intérêt pour le produit, qu'importe, on célèbre le volume du facile, ne surtout pas réfléchir.
- Mais Frédéric, c'est ce que le public veut. Du simple, du rapide.
- C'est ce qu'on leur a appris à consommer. On a rendu la malbouffe intellectuelle si accessible qu'on a oublié le goût du reste. Le web ne devait pas être un supermarché du vide. C'était un espace de liberté. Taxez moi de naïf, (aucun problème)
Ce n'est pas une crise passagère, c'est un changement profond. Le verdict est simple : la course à l'engagement de masse est une impasse.
Et si la solution était d'imaginer de nouveaux modèles économique pour les éditeurs de sites internet, pour les créateurs de contenus, les sites éditoriaux, les sites d'informations, etc... Pourquoi cela ne serait-il pas possible ? Faire payer les utilisateurs pour naviguer sur un web "enrichies", boosté par l'IA générative ? Voir les propositions de Perplexity ou de Cloudflare permettant de partager ses revenus en proposant une autre expérience aux internautes et enfin rémunérer les créateurs de contenus.
Il faut changer de jeu, pas seulement de stratégie. Arrêter de vouloir capter l'attention, et commencer à la mériter.
L'avenir n'est plus à celui qui crie le plus fort, mais à celui pour qui on fait le déplacement.
C'est un travail plus difficile, c'est certain, plus exigeant, absolument ! Mais c'est le seul qui mérite notre attention. Et c'est là que tout recommence vraiment. Alors, pour le coup, on s'y met vraiment ?
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